Monthly Archives: avril 2012

Pourquoi et comment somatisons nous ?

S’il est encore difficile de répondre de manière certaine à ces 2 questions, nous commençons à avoir des pistes grâce aux récentes découvertes de la psycho-neuro-immunologie et aux travaux d’un certain nombre de chercheurs.

Ainsi, on reconnaît généralement une origine somatique à des maladies telles que l’asthme, l’eczéma, le psoriasis, l’ulcère à l’estomac par exemple, et de plus en plus souvent pour le cancer. Enfin, on envisage sérieusement dans les milieux scientifiques une origine émotionnelle à un grand nombre de pathologies grâce à l’étude de plus en plus poussée des neuromédiateurs et des hormones. De même, l’efficacité des placebos nous pousse à accepter le fait que le ressenti et les croyances puissent avoir une influence sur l’évolution d’un symptôme.

C’est Christian Flèche qui explique dans son ouvrage « Mon Corps pour me Guérir » que la pathologie (du grec pathos : souffrance et logos : parole) est l’expression d’une douleur souvent émotionnelle avant d’être physique. En effet, un choc vécu comme ingérable psychologiquement, sera exprimé par un symptôme physique. Et Christian Flèche va plus loin en expliquant que, puisque l’évènement déclenchant est refoulé dans l’inconscient une fois somatisé, la maladie serait la phase visible (la réaction) découlant d’une action devenue invisible.

Intuitivement, chacun pressent bien que le symptôme n’est pas l’effet du hasard. Lorsqu’on dit en langage populaire « j’en ai plein le dos » ou « ne te fais pas de bile » ou encore « ça me reste en travers de la gorge », nous parlons avec notre corps. Mais concrètement, comment arrivons nous à nous rendre malade ? Pour le comprendre, il faut détailler le processus de réponse au stress.

J’aime assez revenir aux origines de l’être humain parce que dans le domaine du stress, la réaction est archaïque. En l’occurrence, l’homme des cavernes avait 2 solutions en cas d’urgence : fuir, ou rester et se battre (ce que les anglo-saxons appellent la « Fight or Flight Response »). Dans les 2 cas, il avait besoin d’un surcroit d’énergie. Tout son organisme devait être mobilisé pour rendre possible une suractivité musculaire. C’est la raison pour laquelle, la réponse au stress induisait immédiatement un pic d’adrénaline se traduisant par une accélération du rythme cardiaque, une vasodilatation des vaisseaux sanguins, une dilatation des bronches, une augmentation du taux de glucose dans le sang, une dilatation des pupilles. Par ailleurs, la digestion était ralentie pour mobiliser un maximum d’énergie vers l’activité musculaire. En cas de prolongation de l’état de stress, les médullosurrénales prenaient le relais avec la sécrétion de cortisol. Et bien, c’est toujours exactement la même chose aujourd’hui alors que les causes de stress sont essentiellement psychologiques : une surcharge de travail, un conflit familial, des difficultés financières etc. Notre organisme se retrouve donc à traiter un excès de sucre dans le sang ou une accélération du rythme cardiaque dont il n’avait pas besoin. C’est ainsi que dans le cas de stress répété et prolongé on voit apparaître une hypertension artérielle ou un diabète, par exemple. De même, en cas de tension, on peut constater des troubles digestifs, des problèmes de transit etc. On comprendra aussi que le stress ne facilite pas le sommeil ou la fertilité pour ne citer que ces 2 exemples…

Voici donc illustrés les effets métaboliques du stress. Mais me direz-vous, et les douleurs dorsales ou une éruption cutanée ? Ce n’est pas l’excès d’adrénaline qui me donne mal au dos ou me couvre de boutons… En l’état actuel des connaissances, on pense que c’est surtout notre ressenti émotionnel qui induit ce genre d’effets. Parce qu’on a l’impression de « plier sous le poids des responsabilités » ou qu’on ne supporte plus une situation « qui nous donne des boutons ».

C’est ce qui fait dire que lorsqu’on cherche la cause d’une somatisation, il faut s’attacher aux ressentis plus qu’aux faits survenus. Un peu comme « peut importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse », un même fait peut être vécu différemment et donc donner lieu a des symptômes différents. Concrètement, un divorce par exemple, peut être vécu comme une difficulté ou une libération, et donnera donc lieu a somatisation ou pas. Mais s’il est perçu comme une difficulté, il peut être ressenti comme une injustice ou plutôt un abandon ou encore donner lieu a une immense jalousie ou bien à de la colère, autant de symptômes différents. Si toutefois somatisation il y a…

On estime qu’un choc émotionnel ne sera somatisé que si :
1 – il est inattendu, on ne le voit pas venir, c’est une chose désagréable à laquelle on n’est pas préparé. Eventuellement, on s’attendait à cette situation mais pas au ressenti qui lui est lié.
2 – le ressenti du choc est vécu dans l’isolement. La parole, le fait de verbaliser est toujours apaisant. Rappelons-nous que la maladie est souvent une parole du corps (patho-logie).
3 – on n’y trouve pas de solution satisfaisante et durable. La nature cherche l’équilibre en permanence, comme lorsqu’on fait un pas pour avancer, mais si cet équilibre n’est pas possible, alors notre psyché préfère refouler cette pensée ingérable et déclencher un processus de somatisation.

Voilà abordée de manière très simplifiée la question de la somatisation. Voilà aussi pourquoi il est intéressant de chercher quel ressenti a pu aboutir à un symptôme dont on n’arrive pas à se débarrasser. Dans les approches émotionnelles, le patient est actif. Il cherche à reprendre « le volant tenu par notre inconscient » afin de ne plus être simple « passager », comme l’explique encore Christian Flèche. Parce que, nous dit-il, si je remarque une flaque d’eau dans ma maison, je peux éponger et continuer à vaquer à mes occupations ou bien rechercher d’où vient la fuite. Deux approches différentes mais pas opposées, parce que tout comme il est indispensable d’éponger l’eau ET de rechercher la cause de la fuite, il faut traiter le symptôme ET en chercher l’origine. Et voilà donc pourquoi les approches holistiques, considérant le corps ET l’esprit, trouvent ici légitimement leur place.

 

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Famille du soin, je ne vous hais point… Médecine traditionnelle et médecines douces main dans la main, un rêve impossible ?

Les blogueurs professionnels expliquent que temps à autre, sur tout bon blog qui se respecte, il faut écrire un article polémique, gageons que sans le vouloir celui-ci remplira cet office. Parce que c’est à un coup de gueule que je veux me livrer. Ceux qui me connaissent seront surpris tant on me connaît calme et consensuelle mais il y a des jours où, quand même, pour paraphraser Audiard, je dirais qu’il faut arrêter de prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages…

Dans une fratrie, il y a toujours les aînés qui regardent avec amusement les petits marcher à quatre pattes mais qui voient d’un très mauvais œil les mêmes, un peu plus grands, venir fouiner dans leurs jouets, et qui ne rigolent plus du tout lorsque devenus ado, voire adultes, ils commencent à prendre trop de place. Et bien, c’est exactement la même chose dans la grande famille du soin. Les aînés que sont la medecine traditionnelle et l’allopathie ont regardé pendant un certain temps avec suffisance et arrogance les derniers nés des médecines douces « s’amuser » dans leur coin. Puis, en grandissant, ces petits ont rêvé que leurs grands frères leur tendraient la main ou au moins saisiraient celle qu’on leur tendaient, comme c’est le cas chez leurs cousins belges, suisses, allemands, anglais. Mais non, en France comme je l’ecrivais dans mon récent article sur le baiser, on s’embrasse beaucoup, mais pas dans la famille du soin…

Dans la famille du soin, il y a bien quelques altruistes qui s’intéressent à ces cadets hérétiques mais très vite les grands frères les ramènent dans le droit chemin, et que dire de Papa Conseil de l’Ordre… Et c’est bien dommage, parce que dans une fratrie, les aînés ont aussi un rôle éducatif, ce sont des modèles, les cadets observent leur comportement, admirent leurs réussite, apprennent de leurs erreurs. De plus, ensemble on est plus forts et notamment face à la Maladie puisque c’est bien de cela qu’il s’agit.

J’avais imaginé une grande famille unie (mais ça pardonnez-moi, c’est mon côté idéaliste) dans laquelle on combattrait ensemble pour obtenir la guérison. J’y ai d’ailleurs cru au début de mon installation lorsque je suis allée me présenter à quelques grands spécialistes de notre jolie cité. Chez certains je n’ai reçu que mépris mais chez d’autres, j’ai eu un accueil plus que chaleureux où l’on m’a même promis, je cite « des cars entiers » de personnes en attente de zénitude que la solution chimique ne peut pas toujours apporter. Et bien, je n’ai pas vu l’ombre d’une mobylette et j’ai pourtant, sans rire, un parking assez grand pour les bus…

Alors ça ce n’est pas grave puisque même sans appui, on parvient à se faire une clientèle. Mais c’est regrettable quand c’est le malade qui pâtit de ces luttes intestines, lui qui pourrait en toute transparence, prendre le meilleur de nos deux approches : bénéficier des bons soins de la médecine traditionnelle et des pratiques énergetiques. Et ça devient franchement inquiétant quand les grands frères font des croches-pieds à leurs cadets et les montrent constamment du doigt comme s’ils étaient des pestiférés… Dans la plupart des sociétés traditionnelles, le terme « famille » va jusqu’à considérer l’ensemble du village, dans la famille de la santé on en est très loin. Mais ça peut venir… Idéaliste, dites-vous ? Je veux continuer à croire comme le disait Anatole France que « c’est en croyant aux roses qu’on les fait éclore »…

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