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Comment la Réflexologie peut être intégrée au protocole de soin de la Fibromyalgie

C’est un récent commentaire sur le Blog qui m’a donné envie de rédiger un article sur la Fibromyalgie, tant il est vrai que les malades autant que la communauté médicale au sens large sont démunis face à cette pathologie, et tant il a été vérifié que la Réflexologie peut être d’une grande efficacité.

Définition

Pour les novices, Fibromyalgie peut se décomposer en « Fibro » (pour fibre, fibrose), myo (muscle) et algie (douleur). Il s’agit d’une maladie caractérisée par des douleurs musculo-squelettiques diffuses et chroniques, accompagnées d’une grande fatigue et d’une très mauvaise qualité de sommeil.

Pendant de longues années, la Fibromyalgie était considérée comme une maladie relevant de la psychiatrie, parce qu’on y trouvait aucune explication « médicale », et ce n’est qu’en 1992 qu’elle fût reconnue par l’OMS.

Le portrait-robot de la personne atteinte de Fibromyalgie est une femme de moins de 60 ans habitante du département du Nord, elle est perfectionniste, stressée, hyperactive (source carenity.com). Les fibromyalgiques représentent 2 à 5 % de la population française avec une tendance à la hausse.

Prise en Charge Allopathique

Aujourd’hui, on remarque chez les fibromyalgiques :

  • Un niveau accru de substance P dans la moelle épinière (pour le mécanisme de la douleur, relire l’article sur ce blog http://reflexologieetpratiquesnaturelles.com/la-reflexologie/gestion-de-la-douleur-et-reflexologie-plantaire/#comment-3660), jusqu’à 3 fois plus élevé que la normale
  • Un faible niveau de Débit Sanguin Cérébral dans la région thalamique, où se trouvent les récepteurs de la douleur
  • De faibles niveaux de sérotonine et de tryptophane
  • Des facteurs génétiques prédisposants,
  • Des erreurs d’interprétation dans le cerveau provoquant une allodynie (douleur provoquée par un stimulus normalement indolore, exemple : la caresse d’une plume sur la peau)

On sait donc diagnostiquer  la maladie, c’est un grand pas, mais on ne sait pas encore en venir à bout et les fibromyalgiques doivent apprendre à gérer leurs douleurs, à défaut de les voir disparaitre totalement.

Classiquement, les médecins proposent :

  • Des antalgiques
  • Des anti-inflammatoires
  • Des antidépresseurs
  • Des anxiolytiques
  • Des myorelaxants
  • Des somnifères

Le souci de la prise en charge allopathique des douleurs Fibromyalgiques réside dans son relatif manque d’efficacité. Bien entendu, il N’EST PAS QUESTION D’ARRETER son traitement mais le médecin lui-même le dit parfois : « on est  démunis face à cette pathologie, notre arsenal thérapeutique n’est pas suffisant, les douleurs sont résistantes ». Les malades se tournent donc vers des approches complémentaires.

Apport de la Réflexologie

La Réflexologie étant une approche holistique, on considérera la personne sous différents angles :

  • Le Physique : en tout premier lieu, prendre en compte les douleurs, et les personnes se trouvent très souvent apaisées, soulagées, après la séance.
  • L’hygiène de vie :
    • comme on sait que le froid aggrave les symptômes, on expliquera quels bénéfices tirer des bains chauds avec des huiles essentielles
    • pour lutter contre l’hypo-sommeil extrêmement délétère chez les Fibromyalgiques, on conseillera du Magnésium marin et de la Griffonia
    • pour contrer la fatigabilité, on mettra en place de la Rhodiola le matin (relire à ce sujet l’article que j’avais fait sur la Rhodiola http://reflexologieetpratiquesnaturelles.com/?s=RHODIOLA)
    • on conseillera une réforme alimentaire sous forme d’une alimentation hypo toxique (éviction du lait de vache et du gluten, pas d’édulcorant, le moins de polluants et de pesticides possible, pas de plats préparés)
    • évidemment, on luttera contre toute forme d’addiction, à commencer par le tabagisme
    • on recommandera une ou plusieurs activité(s) physique(s) adaptée(s)
  • L’émotionnel :
    • on cherchera en verbalisant avec la personne, durant la séance, ce qui a pu éventuellement être somatisé au travers de cette pathologie. Pour qui s’intéresse au sens des maladies, il n’est pas rare de découvrir qu’un choc psychologique ou un conflit mal vécu a pu mener au déclenchement de cette difficulté de santé.
    • on conseillera des lectures et des outils pour aller mieux afin de devenir acteur de son mieux-être et non plus rester victime de son mal-être


sourire

Avec tout çà : moins de douleurs, une meilleure hygiène de vie, un meilleur moral, c’est presque trop beau non ?

C’est pourtant possible avec la Réflexologie, pour peu qu’on s’en donne la peine et qu’on essaye… Bien entendu, les seules actions du praticien ne feront pas tout mais malade et praticien ensemble peuvent faire des merveilles, faites passer le mot…

 

 

Si vous avez envie, laissez-moi un commentaire si-dessous, cela me ferait plaisir…

 

 

BROMELAINE : UNE ENZYME A TOUT FAIRE

Si vous consultez un temps soit peu les sites de médecine naturelle, si vous feuilletez les journaux spécialisés, si vous êtes abonnés à une newsletter sur le thème de la santé par les plantes, vous n’avez pas pu passer à côté de la Bromélaïne. Cette panacée issue de la tige d’ananas. Le temps est venu de faire une synthèse de toutes les informations disponibles sur le sujet…

La Bromélaïne est l'enzyme contenue dans la tige d'ananas

Ananas

Définition

La Bromélaïne est une enzyme (c’est-à-dire un composé facilitant une réaction chimique) protéolytique (c’est-à-dire qui découpe les protéines en molécules plus petites) issue de l’ananas et particulièrement de sa tige dans laquelle elle est très concentrée.

L’ananas, en botanique, fait partie de la famille des Broméliacées, d’où le nom de la principale enzyme qu’il contient : Bromélaïne.

Quels sont ses bienfaits ?

Ils sont nombreux

–          Protéolytique : nous l’avons vu ci-dessus, vertu particulièrement intéressante pour « ronger » toutes les formations surnuméraires dans l’organisme : polypes, kystes, tumeurs, verrues, fibromes

C’est si vrai que dans les plantations d’ananas, le contact répété avec la sève riche en Bromélaïne efface  les empreintes digitales des ouvriers

–          Anti-inflammatoire : en agissant sur la production de prostaglandines pro-inflammatoires

–          Antalgique : en agissant sur la bradykinine, impliquée dans le mécanisme de la douleur, et de manière dose-dépendante (plus on en consomme, plus ses effets sont importants)

–          Anti-œdémateuse : particulièrement indiquée en cas de cellulite associée ou non à une obésité et une rétention d’eau

–          Immunostimulante

–          Cicatrisante

–          Anti tumorale

–          Anticoagulant

–          Etc

Au vu de ces vertus, on l’utilisera donc :

–          En post-opératoire : elle permettra de résorber les œdèmes, réduire les hématomes, soulager la douleur, diminuer l’inflammation, accélérer la cicatrisation (de nombreuses études quant à la supplémentation en Bromélaïne existent en chirurgie dentaire, ophtalmique, esthétique… )

–          En cas de brûlure, plaie, traumatismes ostéo-articulaires (foulures, entorses…)

–          En rhumatologie, la Bromélaïne a démontré son efficacité sur les tendinites, arthroses, poussées d’arthrite (lire à ce sujet les résultats de l’étude randomisée en double aveugle sur l’efficacité de la Bromélaine face au Diclofénac (http://www.systemicenzymesupport.org/references/akhtar2004.pdf )

–          Dans tous les cas d’inflammation ou de maladie inflammatoire

–          En cas de phlébite, athérosclérose, hypertension

–          En cas de régime amaigrissant

–          Enfin, elle devrait toujours être associée à la prise d’antibiotiques dont elle améliore l’absorption et dont elle potentialise l’efficacité

Cas particulier de la Bromélaine en supplémentation des traitements cancéreux

De très nombreuses recherches ont lieu actuellement dans ce domaine. On sait aujourd’hui que la Bromélaïne est efficiente :

–          Sur l’état général du malade

–          Sur les effets secondaires des traitements conventionnels

–          En postopératoire

–          Sur la destruction des cellules cancéreuses et leur prolifération

–          Sur la convalescence

Il n’est évidemment pas question de la proposer actuellement comme traitement alternatif mais comme adjuvant à coup sûr. Des études depuis le début des années 70 montrent que les patients supplémentés en Bromélaïne voient la disparition de certaines tumeurs et une diminution des métastases.

On lira avec beaucoup d’intérêt sur ce sujet l’article de Principes de Santé : http://www.principes-de-sante.com/article/therapies-bromelaine-et-cancer-livre-dr-bodin.html ainsi que le livre du Dr Bodin ici qui cite très précisément toutes les études.

Les effets secondaires

Ils sont quasiment inexistants. Les femmes enceintes et les enfants de moins de 6 ans s’abstiendront cependant d’en consommer. De même que les personnes suivant un traitement fluidifiant.

Enfin, certaines personnes peuvent être allergiques à l’ananas.

Comment la consommer ?

Après l’inventaire de tous ces bienfaits, vous n’avez qu’une seule envie : manger des ananas en quantité et à tous les repas. Malheureusement, la Bromélaïne n’étant présente qu’en faible quantité dans la pulpe de l’ananas, il faudrait ingérer une quantité astronomique de fruits ou boire des litres de jus frais pour espérer déclencher un début d’action thérapeutique pour l’organisme. De plus, ce régime quotidien serait délétère pour le système digestif.

Par ailleurs, la tige est très concentrée en Bromélaïne mais on ne peut la consommer telle quelle, d’autant plus que les producteurs piquent régulièrement dans la tige pour y injecter engrais, pesticides et autres agents chimiques.

Enfin, la Bromélaïne est détruite par la cuisson et s’oxyde au contact des métaux.

La meilleure solution est donc, et de loin, de la consommer pure, en gélules.

 

Quelle Bromélaïne choisir ?

Choisissez absolument une Bromélaïne pure et concentrée, extraite par Chromatographie (un procédé qui permet d’isoler la Bromélaïne des autres composants, même polluants nocifs), et Bio de préférence.

Certaines publications indiquent qu’il faut choisir une présentation en gélules gastro-résistantes mais on sait maintenant que ce n’est pas nécessaire puisque la Bromélaïne résiste à l’acidité stomacale.

Enfin, vous vous assurerez de sélectionner une formule suffisamment concentrée, supérieure à 1500 GDU/gramme.

Pourquoi pas l’Extranase commercialisé en pharmacie depuis 1969 ? Parce qu’il est faiblement dosé en Bromélaïne (200 GDU pour 9 comprimés journaliers) et surtout parce qu’il contient entre autres excipients du dioxyde de titane.

Mode d’administration

La demie-vie (temps mis par une substance pour perdre la moitié de son activité pharmacologique) de la Bromélaïne dans l’organisme est de 6 à 9 heures, il faut donc fractionner les prises dans la journée, de manière à ce qu’il y en ait en permanence un taux suffisant circulant dans le sang.

On prendra ainsi la Bromélaïne en 3 fois, et de préférence à distance des repas, afin qu’elle ne soit pas mélangée au bol alimentaire.

Pour toutes les pathologies lourdes ou chroniques, la cure durera plusieurs mois et sera assortie d’une supplémentation en Vit C et Vit D.

On prendra 1 gramme par jour, pouvant aller jusqu’à 2 grammes (notamment en analgésie) sans craindre la dose toxique qui semble être bien supérieure à 5 grammes journaliers.

En prévention, on fera une ou deux cures annuelles, d’un mois chacune à raison de 750 mg/jour.

La Bromélaine est l'enzyme contenue dans la tige d'ananas

Ananas Victoria

Voilà, j’espère avoir éclairé votre lanterne sur cette fameuse Bromélaïne dont tout le monde parle et dont l’impressionnante liste de vertus en fait la 13ème plante la plus vendue en Allemagne. Elle fait actuellement l’objet de recherches concernant son efficacité sur les maladies auto-immunes : SEP, diabète de type 1, Maladie de Crohn, PCR. Nul doute que l’on n’a pas fini d’en parler. Au moins après la lecture de cet article serez-vous également convaincu.

Si vous cherchez une bonne Bromélaïne, j’ai évidemment une chouchoute à vous conseiller, n’hésitez pas à me demander ses coordonnées, et à me laisser tout commentaire à votre convenance ci-dessous.

J’ajoute un lien vers cet article de Medisite très complet également sur la Bromélaine : Clic

Infographie : Ma Réflexologie

Chers lecteurs et lectrices, ce mois-ci et voulant céder à la mode des Infographies, je vous ai conçu un « modèle » du genre… Laissez-moi vous dire que je suis plus efficace de mes 10 doigts sur vos pieds que sur un clavier !

Le joli dessin que voilà m’a demandé des heures de réalisation pour un résultat qui ne me satisfait guère… Mais qui a le mérite d’exister. Alors cliquez sur le schéma pour le lire plus à l’aise, et à vous pour les commentaires ci-dessous.

Capture Infographie

Peut-on guérir par la pensée ? La preuve par 3 de l’intérêt des approches holistiques

C’est le thème du numéro 1153 de Sciences et Vie de ce mois-ci et c’est éminemment intéressant parce que cela fait longtemps que nous autres, patriciens des « professions de santé non conventionnelles », le disons. Le dossier de Science et Vie (15 pages, excusez du peu) commence par cette phrase : « Les neuroscientifiques en ont désormais la preuve : l’esprit possède le pouvoir de soigner le corps ! ». Ouf ! Si c’est Science et Vie qui le dit et si les neuroscientifiques en ont la preuve, tous les espoirs sont permis…

L’article de S&V s’appuie sur des études très sérieuses menées par des chercheurs dans 3 domaines : la Méditation de pleine conscience, le Neurofeedback et l’effet Placebo.

La Méditation

Cette pratique, qui est rentrée à l’Hôpital (Sainte Anne, NDLR) sous la houlette de Christophe ANDRE, et pour laquelle un DU vient d’être mis en place à Strasbourg, a largement fait ses preuves. On sait aujourd’hui que, à condition d’être pratiquée quotidiennement, elle reconfigure le cortex préfrontal en opérant des modifications morphologiques et fonctionnelles dans le cerveau. En l’occurrence les cortex frontaux, pariétaux et cingulaires sont épaissis chez les méditants, tandis que le rôle de l’amygdale est diminué. Enfin, les zones activées par le processus douloureux sont déconnectées.

Méditation

Tout ceci est clairement visible à l’IRM et se confirme dans différentes études menées à l’Université du Wisconsin en 2003, à l’Université de Montréal en 2009, au Centre de l’Addiction et de la Santé Mentale à Toronto en 2010, au Centre d’Imagerie Biomédicale du Massachussets en 2012, et dans lesquelles les méditants ont toujours eu de meilleurs résultats que le reste des participants. Ainsi, ils supportent mieux la douleur, ont une meilleure réponse immunitaire, une meilleure gestion du stress, moins de rechutes en cas d’épisodes dépressifs.

L’effet Placebo

Ce processus qui consiste en un mieux-être, voire des bénéfices thérapeutiques réels chez un patient pourtant soumis à un composé inerte en lieu et place d’une substance active, est le moins facile à prévoir tant il dépend de la perception et du ressenti du patient. Cependant, quand il se produit, le cerveau fabrique des molécules concrètes semblables à celles qu’aurait provoquées le médicament.

Placebo

Ainsi, on peut voir le cerveau d’une personne sous analgésique placebo, fabriquer des opioïdes dont l’action est similaire à la morphine (étude conduite en 2002 au Karonlinka Institute de Stockolm). De même, sous IRM et après 6 semaines sous placebo, des patients dépressifs avaient activé les mêmes aires cérébrales que les patients sous Fluoxetine, (médicament antidépresseur de la classe des AINS, type Prozac). On peut encore citer cette étude réalisée en 2009 à l’Université de Duisburg en Allemagne qui avait montré que le placebo réduisait la réaction allergique.

 

Le Neurofeedback

Le Neurofeedback consiste à visualiser l’activité de son propre cerveau sous électroencéphalogramme ou sous IRM de manière à constater les effets, bénéfiques ou non, de certaines pensées, souvenirs, émotions, mouvements ou autres états mentaux. On peut ainsi déterminer et cibler, ce qui est bon pour une région déterminée de notre cerveau.

Biofeedback

Dans ce domaine également les recherches se multiplient, ainsi une étude de 2005 à l’Université de Stanford a montré que le Neurofeedback permettait de contrôler l’aire cérébrale de perception de la douleur, depuis 1999 on sait que cette pratique permet de réduire les crises d’épilepsie, en 2011 à Bangor au Pays de Galles une étude a montré qu’elle augmentait la motricité chez les parkinsoniens.

La Réflexologie ou la fusion du corps et de l’esprit

En bref, voilà la preuve faite que le corps et l’esprit sont intimement liés, et cela renforce l’intérêt des thérapies holistiques telles que la Réflexologie. En effet, cette dernière soulage le corps en ayant accès, via l’arc réflexe, à l’ensemble des organes et des systèmes qui le compose, mais elle prend également en compte le mental, les émotions, les conflits, le psychisme. Parce que je m’escrime à le dire, rien ne sert de régler une difficulté physique sans considérer la cause (qui peut être émotionnelle), de même que gérer le conflit psychique ne suffit pas toujours à réparer le corps…

Réflexologie

Par exemple, lorsque quelqu’un vient me voir en se plaignant de douleurs dorsales chroniques (et une fois écartées les causes posturales, discales etc), je vais à la fois soulager les tensions qui existent au niveau physique en agissant sur les zones réflexes correspondantes mais aussi chercher à comprendre ce qui se passe au niveau émotionnel. Très souvent, la détente induite par la séance, le soulagement d’avoir exprimé des difficultés non exprimées jusque là, une nouvelle approche du problème, combinées à mon action sur le pied permettent d’aller mieux.

Et si l’on comprend le principe de la somatisation (relire à ce sujet l’article http://reflexologieetpratiquesnaturelles.com/la-reflexologie/pourquoi-et-comment-somatisons-nous/ sur ce blog), et si l’on accepte l’idée que l’esprit puisse être à l’origine de certains de nos maux « physiques », alors on comprend que l’esprit puisse aussi être efficace au plan de la guérison. Et si l’on conçoit que l’esprit puisse réparer le corps, on conçoit également qu’il puisse être pathogène à certains moments.

C’est donc une excellente nouvelle que ce dossier de Science et Vie qui vient accréditer, de façon scientifique, ma vision de l’approche de la maladie.

Bien entendu, comme toujours, ces approches ne sont pas une « alternatives » à la prise en charge médicale, mais un extraordinaire complément. Si vous souffrez d’une pathologie aigue, il faudra voir votre médecin mais pensez à d’autres approches pour tout ce qui est chronique, là où la médecine traditionnelle reste dans réponse, et en accompagnement de votre traitement allopathique bien sûr.

En complément de cet article et de la lecture du S&V n°1153, vous pouvez écouter le podcast de France Culture : http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4711798

Gestion de la Douleur et Réflexologie Plantaire

Initialement, c’est plutôt une bonne chose d’avoir mal…
Ouille (c’est le cas de le dire), je vous sens inquiets derrière votre écran : « cette fille est folle ! Ou atteinte de masochisme chronique ! »… Non, rassurez-vous, tout comme vous, je n’aime pas avoir mal, je veux simplement vous dire que la fonction de la douleur est la conservation de l’intégrité physique, elle a un rôle d’alerte pour protéger l’organisme des stimuli nocifs. C’est essentiel, les conséquences d’une absence de sensation douloureuse peuvent être dramatiques, pensons aux diabétiques qui ne sentent pas un mal perforant au pied par exemple et peuvent faire une septicémie sans s’en rendre compte. Mais lorsqu’elle dure, la douleur devient insupportable. Tous les « douloureux » dans leur grande majorité se sentent isolés dans leur douleur, mal compris, mal écoutés, aussi bien par leur entourage que par le corps médical. Alors que peut-on peut faire ? D’abord comprendre comment fonctionne la douleur…

Il en existe plusieurs types:
– Les douleurs de « Nociception » (aiguës ou chroniques), celles que nous qualifierons de « plus simples ». Par exemple : je me suis fait tomber un objet lourd sur le pied ou je me suis fait mal au dos en portant un carton (dans mon schéma ci-dessous : je me suis fait mal au genou en tombant à vélo).
– Les douleurs « Neurogènes » : sans cause extérieure mais dues à un dysfonctionnement ou à une lésion des voies de la douleur. Par exemple : les douleurs fantômes suite à une amputation, la compression d’un nerf par une tumeur ou encore les paresthésies ressenties par les personnes atteintes de Sclérose en Plaques.
– Les Douleurs « Psychogènes » dites aussi « Sine Materia » : inexpliquées et inexplicables, sans atteinte organique et sans cause exacte. Par exemple : certaines céphalées, fibromyalgie, brûlures de langue. A prendre en compte absolument parce que comme dit le Dr LHUILLERY (médecin algologue, spécialisé dans la prise en charge de la douleur) « la douleur n’est pas dans la tête même si la tête agit sur la douleur ».

Les douleurs nociceptives

Le ressenti de cette douleur répond à un processus physiologique que nous allons décrire afin de mieux le comprendre, mais aussi à une composante affective inhérente à chaque individu.

Sur le plan Physiologique

La réception du message douloureux suit 4 étapes distinctes :

Schéma Circuit de la Douleur

1 – Sensation : Une stimulation chimique (une goutte de parfum dans l’œil), mécanique (un doigt coincé dans une porte), électrique ou thermique (une brûlure) est perçue par les terminaisons libres des neurones au niveau de la peau, des muscles, des articulations, des os, des viscères.
2 – Transmission : Des fibres nerveuses spécialisées (appelées fibres C et A delta) transmettent le message douloureux jusqu’à la moelle épinière.
3 – Modulation : La substance P et le Glutamate (entres autres) prendront le relais de la moelle épinière jusqu’au cerveau, mais il existe des stratégies dites « modulatrices » :
– Les Endomorphines. Elles atténuent l’intensité du message nerveux et diminuent donc fortement la sensation de douleur. On dit que les Endomorphines ont une action « analgésique ».
– Il existe aussi le phénomène du Gate Control qui montre que les fibres du toucher A alpha et A beta exercent une inhibition sur les fibres C et A delta de la même région. C’est ce qui explique de lorsque l’on se cogne, le fait de frotter la zone concernée apporte un soulagement.
4 – Projection : Le message douloureux est ensuite transmis au Cerveau (le Cortex Somesthésique qui permet de localiser la douleur, le Cortex Préfrontal qui évalue la douleur et est responsable de son caractère désagréable, le Système Limbique qui permet l’apprentissage, la mémorisation et la réaction émotionnelle de la sensation douloureuse).

Schéma de Représentation des Zones Sensorielles dans le Cortex Somesthésique :

Aires Somesthésiques

L’homunculus (autre nom du schéma de représentation des zones sensorielles) n’est pas proportionnel à la taille réelle des organes mais à la proportion des récepteurs dans chaque organe, on y constate immédiatement qu’il y a moins de récepteurs sur la hanche que sur le visage par exemple. On peut y voir aussi que le nombre de récepteurs sur le pied (au hasard) est plus important que sur tout le tronc…

Sur le plan Psychologique, Emotionnel, Cognitif, Comportemental, Culturel…

Si le seuil douloureux est le même pour tout le monde, la tolérance à la douleur varie d’un individu à l’autre en fonction de :
– l’efficacité des systèmes de modulation (certaines personnes secrètent moins d’endorphines que d’autres),
– de son vécu (son éducation, ses croyances, ses expériences),
– de ses émotions (la douleur ressentie en se tordant la cheville en allant à un rendez-vous redouté sera plus forte que la même torsion faite en dansant un rock endiablé à une fête particulièrement appréciée),
– son comportement (cris, verbalisation, calme, respiration maîtrisée, énervement etc)
– de son âge (la maturité du système nerveux joue énormément, un enfant peut être plus sensible à certaines douleurs qu’un adulte et inversement),
– de son sexe,
– de son état psychologique au moment de la survenue du stimulus (on est plus sensible à la douleur en période de deuil par exemple qu’à une période particulièrement heureuse de sa vie)

Pour les douleurs neurogènes, il n’y a pas d’étape 1 « Transmission » (puisqu’il n’a pas de stimulus externe) et un déficit de l’étape 3 « Modulation ». Dans le cas des douleurs psychogènes, on pense que seuls des facteurs émotionnels, psychologiques et comportementaux sont en cause.

La Réflexologie : une thérapeutique de la douleur en complément de la cure médicamenteuse

Et oui, vous m’aviez vue venir, avouez-le… Mais c’est bel et bien la vérité. Et cela va vous paraître évident, maintenant que vous avez compris le fonctionnement du circuit douloureux.

En effet, la Réflexologie est une technique manuelle qui mime le Gate Control. En appliquant un stimulus sur la zone réflexe correspondante à la zone douloureuse, le message des fibres A alpha et A beta double celui des fibres C et A delta (Etape 3 de mon schéma ci-dessus) et module la sensation douloureuse.

Par ailleurs, il est reconnu que le massage favorise la sécrétion d’endorphines et rappelez-vous (Etape 3 bis) que les endorphines modulent elles-aussi la sensation douloureuse.

Enfin, comme la Réflexologie est une pratique holistique, elle prend en compte les facteurs émotionnels, psychologiques et comportementaux.

Du coup, elle est efficiente pour les douleurs nociceptives comme neurogènes et psychogènes. Ainsi que le sont l’acupuncture, les stimulations thermiques (application de chaleur comme en cures thermales, ou cryothérapie sur les entorses et les claquages), la kinésithérapie, l’ostéopathie, la fascia thérapie. Bien entendu, cette approche ne doit pas négliger la prise en charge médicamenteuse. Les deux stratégies sont complémentaires.

Si en plus vous avez un(e)bon(ne) Réflexologue, vous évoquerez en séance les techniques d’accompagnement de gestion de la douleur :
– L’information, parce qu’il est important de bien connaitre sa pathologie, on combat mieux ce que l’on comprend
– La relaxation qui permet de détourner votre attention de la douleur
– Le journal qui rassemble les données de votre douleur, vos réactions, vos sensations et vous permet de faire le point sur vos ressentis au quotidien
– La visualisation qui permet, en visualisant la douleur, de la surmonter voire de la diminuer
– L’hypnose qui peut faire céder la douleur en libérant des blocages inconscients

Et si votre Réflexologue pratique la Réflexologie Plantaire, étant entendu que le pied compte un très grand nombre de récepteurs sensoriels (Schéma de l’Homonculus ci-dessus), alors c’est idéal… Si vous souffrez ou si dans votre entourage quelqu’un a du mal à supporter des douleurs chroniques ou récidivantes, ça vaut le coup de se rapprocher d’un bon praticien en Réflexologie Plantaire… J’en profite pour vous souhaiter une très belle année 2013, qu’elle vous soit douce et heureuse… Et sans douleur…

A très bientôt sur ce blog et dans le cabinet de votre Réflexologue, et n’hésitez pas à me laisser vos commentaires ci-dessous.

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