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Psychologie Positive : mes 8 conseils pour être heureux

En ce début d’année troublé, il m’a fallu réfléchir longtemps avant de me décider quant au sujet sur lequel devait porter ce premier article. Et puis naturellement s’est imposé la Psychologie Positive parce que nous avons besoin de voir les choses sous un angle optimiste, « parce que c’est bon pour la santé » comme aurait dit Voltaire.

Le sujet est en vogue et les « professeurs » de Bonheur sont nombreux. Mais le maître en la matière est Tal Ben Shahar, que je lis depuis longtemps (2008 et son « Apprentissage du Bonheur ») et que j’ai eu la très grande chance, que dis-je, le Bonheur d’écouter, de voir et d’entendre parler en octobre dernier lors de son passage à Paris. Peu de personnes ont un tel charisme et une telle aura, c’est son cas et il parle du Bonheur et l’enseigne mieux que personne. « Enseigner » le bonheur, voilà bien une locution étonnante mais c’est pourtant la réalité, être heureux, cela s’apprend, et se choisit, et l’on en revient à Voltaire et son fameux « j’ai décidé d’être heureux… ».

Cependant, mon jusqu’au-boutisme habituel ayant encore frappé, j’ai voulu avoir d’autres éclairages et je me suis documentée sur le sujet. Je suis allée écouter Florence Servan-Schreiber (en chair et en os), qui outre une généalogie prometteuse, s’est aussi fait un nom sur la petite planète du Développement Personnel. J’ai lu Martin Selligman, le « pape » de la Psychologie Positive. J’ai assisté à des conférences, j’ai suivi des cours en ligne…

Et je me sens prête aujourd’hui à vous fournir un Petit Mode d’Emploi du Bonheur à ma sauce…

1 – Connaître le Bonheur ne veut pas dire être heureux tout le temps, mais être heureux souvent

En effet, ce qui est important c’est de savoir accepter les difficultés lorsqu’elles se présentent (et nous verrons plus loin ce que Tal Ben Shahar propose d’en faire) mais surtout d’apprécier, de savourer, les bons moments. Il y a trop de situations heureuses que nous vivons sans y penser comme si elles coulaient de source, alors que ce sont de vraies chances, encore faut-il en prendre conscience.

Exemple : Vous êtes un parent débordé, vous quittez le bureau ventre à terre pour aller chercher les enfants à l’école. Le retour à la maison pendant lequel vos enfants vous racontent en détail leur menu de midi à la cantine ou le silence dans la voiture avec vos chères têtes blondes absorbées dans leur téléphone portable, valent tout l’or du monde. Certains parents sont séparées de leurs enfants malades, d’autres rêveraient d’aller chercher des enfants à l’école quand la vie ne leur en a pas donnés, bref nombre de situations comme celles-ci peuvent être imaginées, et nous passons à côté sans les apprécier. Dites-leur à ce moment là que vous êtes heureux de les retrouver, que vous les aimez tout simplement. Et bingo dans votre cagnotte du bonheur.

2 – Pour connaître le Bonheur, il faut être ici et maintenant

C’est la base de la méditation de pleine conscience et c’est une évidence. J’aime beaucoup faire du ski et j’aime aussi beaucoup courir sur la plage mais si je cours sur la plage ski aux pieds, c’est la blessure assurée. C’est une métaphore un peu grossière mais vous y penserez la prochaine fois que vous rédigerez un SMS pendant un repas au restaurant avec des amis.

J’aime l’idée qu’il faut apprivoiser le bonheur. Si l’on n’y prend pas garde, on ne le voit pas et on lui fait peur. Un peu comme le petit oiseau venu manger les miettes sur le rebord de votre fenêtre. Alors de grâce, faites attention aux moments heureux, ne vous dispersez pas. Lorsque vous êtes avec vos amis au restaurant, mettez le portable en sourdine, la réponse peut attendre. Lorsque vous êtes avec vos petits à faire un jeu, ou avec votre amoureux(se) dans la campagne, soyez-y complètement et vous verrez que votre esprit sera libre pour sentir le Bonheur. Sinon, vous gâcherez un moment heureux.

Encore une métaphore, observez un œnologue quand il goûte un vin : il le garde en bouche, il le fait tourner, il le « mâche »et puis seulement il l’avale. Il ne déglutit pas à toute vitesse en enfournant en même temps une rondelle de saucisson sec. C’est la même chose avec le Bonheur, dégustez-le.

(Si la méditation vous tente comme introduction au Bonheur, relisez les articles que j’y ai consacrés)

3 – Changer de Perspective

Même un monument aussi imposant que le Taj Mahal peut disparaître derrière votre petit doigt grâce au miracle de la perspective. Il en va de même avec les difficultés de la vie.

Evidemment, le propos n’est pas de dire que le jour de l’annonce d’une pathologie grave, vous puissiez dire : « Ce n’est rien, tout va bien, pas plus grave qu’un rhume ». Mais tout d’abord, il y a nombre de situations dont nous nous faisons tout un « Taj Mahal » alors que nous pourrions les faire disparaître derrière notre auriculaire à la verticale. Sur ce point, tout le monde est d’accord et relativiser, cela s’apprend. C’est parfois inné chez certains mais souvent cela requiert un peu d’entraînement, on y travaille en développement personnel, venez me voir.

Et puis, il y a de vrais « Taj Mahal » dans la vie, ça arrive. Et on connait tous des personnes qui ont vécu de véritables épreuves et qui nous donnent ce que l’on appelle communément des « leçons de vie » parce qu’elles semblent avoir reculé de 100 m pour les faire disparaître derrière leur petit doigt. Et cela aussi s’apprend. Ca s’appelle la résilience et ça se travaille.

4 – Etre Gentil

Réhabilitons ce mot. Aujourd’hui, il est de bon ton de dire plutôt : bienveillant. Mais l’idée est la même : être agréable, à l’écoute, être altruiste.

Pourquoi ? D’abord parce qu’on est avec les autres comme on est avec soi-même. Si l’on a la volonté d’être dans la douceur, la recherche du bien-être et du bonheur, on ne peut pas arriver en aboyant chez son boucher pour acheter une entrecôte. Ou rouler avec son caddy sur les pieds du voisin à la caisse du supermarché. Ou ne pas saluer ses collègues de travail en arrivant le matin. Ce n’est pas cohérent.

Ensuite parce que le bonheur est comme l’addition, il est commutatif. Vous vous souvenez à l’école : A + B = B + A, çà marche aussi avec le Bonheur. Si vous offrez du bonheur, vous recevrez du bonheur. En d’autres termes, si vous offrez votre ticket de parcmètre sur  lequel il reste du temps à l’automobiliste qui attend votre place, si vous accueillez avec un grand sourire le client qui pousse la porte de votre commerce, si vous vous baissez pour ramasser le contenu du sac qu’un passant vient de faire tomber, vous devriez recevoir plus de gentillesses que si vous êtes constamment agressif ou indifférent.

De plus, être généreux, c’est bon pour le moral. Cela a été mesuré par des chercheurs de Columbia et de Harvard qui ont fait une étude commune au cours de laquelle ils mesuraient l’indice de bonheur d’un groupe de volontaires, au moyen d’un questionnaire. Puis ils ont divisé ce groupe en 2, certains recevant une somme d’argent pour s’offrir ce qu’ils voulaient, les autres recevant la même somme pour en faire un don. Lorsqu’on mesurait à nouveau l’indice de bonheur, les personnes du 2ème sous-groupe avaient de meilleurs indices au test que celles du 1er sous-groupe, et pendant plus longtemps.

5 – Grandir dans l’Epreuve

Tal Ben Shahar explique que le point commun qu’ont pratiquement tous les grands leaders, c’est d’avoir vécu une difficulté majeure dans leur existence. Parce que les difficultés de la vie permettent, lorsqu’on les dépasse, d’évoluer, de relativiser, de voir les choses ensuite du bon côté, d’aller à l’essentiel.

Des travaux de recherche ont  été menés sur des patients atteints du cancer auxquels on avait demandé de trouver des avantages à leur maladie. Certains ont dit qu’ils étaient plus proches de leur famille, qu’ils étaient plus forts qu’avant etc. et c’est ceux qui avaient été capables de trouver des bénéfices à leur maladie qui étaient en meilleure santé et qui avaient un système immunitaire plus fort. Evidement, aucun n’avait dit qu’il était heureux d’avoir un cancer mais ils avaient choisi de faire face, de tirer le meilleur de la situation plutôt que d’être dans l’évitement et la fuite.

J’en encore eu la preuve la semaine dernière avec une dame venue me voir après 6 mois d’hospitalisation consécutifs à un grave accident de la circulation. Elle me disait évidemment que cela avait été, et était encore, un gros traumatisme pour elle, mais elle ajoutait aussi qu’elle avait pris conscience de choses dont elle n’avait jamais mesuré l’importance jusqu’alors : le sourire de son mari, l’odeur d’un bouquet de lilas, l’extrême douceur des cheveux de sa fille…

Alors, à défaut de ne prendre la mesure de toutes ces petites douceurs au quotidien (relire le paragraphe 1), servons-nous des difficultés pour développer notre aptitude au bonheur.

6 – Faire de l’Exercice et Soigner sa Posture

Si vous me lisez régulièrement, cela revient souvent et cela tombe bien parce que notre Maître es Bonheur le dit aussi : l’exercice physique fait partie de l’équation du Bonheur, c’est prouvé.

Le sport provoque la libération d’endorphines, hormones dont les effets s’apparentent à ceux de la morphine, entraînant avec elles une sensation d’euphorie. L’activité physique active également la production de neurotransmetteurs comme la noradrénaline, la dopamine et la sérotonine, jouant également sur l’humeur. C’est donc la libération de toutes ces substances et leur synthétisation qui nous procurent une sensation de bien-être lors d’une activité sportive.

Et puis pour être heureux, soignez votre posture. Ne pas trainer les pieds, avoir un port de tête élégant (qui ne signifie pas hautain), se redresser (qui ne veut pas dire bomber le torse), en un mot ne pas « traîner sa misère » mais afficher sa joie de vivre. Ceci afin d’activer le fameux effet miroir des psychologues ou les synchronicités de YUNG, ou encore faire jouer la Loi d’Attraction. Appelez cela comme vous voulez, dans tous les cas, cela permet d’attirer à soi prioritairement du positif et de l’optimisme.

7 – Dire MERCI

Souligner les bonnes choses qui nous arrivent. Certains jours, c’est évident, on a gagné le gros lot à la loterie, mais d’autres, on a véritablement passé une mauvaise journée et c’est moins facile. Et bien, faites cet effort de trouver quelques motifs de satisfaction, Tal Ben Shahar en recommande 5 qu’il appelle des Gratitudes, Florence Servan-Schreiber en indique 3 qu’elle nomme des Kiffs. 3 ou 5 peu importe mais fixez-vous un nombre. Et vous allez voir que vous allez en trouver et que vous allez prendre conscience, en vous focalisant sur les moments heureux, même furtifs, qu’il y en a beaucoup.

Un rayon de soleil qui filtre entre les arbres et vous réchauffe le visage, le bisou mouillé du petit dernier sur le pas de la  porte, un SMS amical d’une vieille connaissance, un moment agréable à la machine à café, un morceau de musique à la radio qui vous rappelle un souvenir particulièrement agréable, la baguette toute chaude à la boulangerie… On peut les consigner dans un carnet qui permet, non seulement de les fixer sur le papier, mais aussi de revenir en arrière et de constater que notre vie, loin d’être un amoncellement de difficultés et de stress, est aussi faite de tas de petits bonheur.

Trouvez-vous un joli carnet (un exemple ici) qui vous plait pour consigner vos Gratitudes quotidiennes et notez, et constatez…

Avec ces 7 bonnes résolutions :

  • Etre heureux SOUVENT
  • Etre ICI et MAINTENANT
  • Cacher le Taj Mahal derrière son petit doigt
  • Etre GENTIL
  • Tirer profit des Difficultés
  • Faire de l’Exercice
  • Dire MERCI

vous allez voir que votre sensation de Bonheur va faire un bond significatif. Venez me le dire si-dessous…

Evidemment, il existe un « 8 – Faites de la Réflexologie », ça va sans dire…

Et si vous avez envie de poursuivre avec des lectures :

Choisir sa vie de Tal Ben Shahar

Vivre la Psychologie Positive de Martin Selligman

3 kifs par jour de Florence Servan Schreiber

 

 

 

LA MÉDITATION : UNE PRATIQUE HOLISTIQUE (3ème et dernière Partie)

Nous voici donc au troisième et dernier volet de ce dossier sur la Méditation de Pleine Conscience. Dans le 1er article, nous avions défini la « Méditation », son intérêt, et comment l’on pouvait commencer à s’entraîner, puisqu’il s’agit là véritablement d’une pratique régulière. Dans le 2nd, nous avions approfondi la notion de « Pleine Conscience » qui consiste à accepter les choses telles qu’elles sont et à les vivre véritablement. (Liens disponibles pour ces 2 premiers articles ci-dessous). Dans cette 3ième et dernière partie, nous aborderons ce qui constitue le résultat de cette pratique : le bonheur.

Christophe André définit le bonheur comme un état de bien-être « conscient ». Lorsque l’on est capable de se dire « ce que je suis en train de vivre est merveilleux, quelle chance, quel instant de grâce » alors « le bien-être se transcende en bonheur » explique t’il. Il faut être capable d’avoir conscience du moment présent pour saisir le bonheur et c’est justement ce que permet la méditation de pleine conscience : être là, ici et maintenant, vivre l’instant présent.

Bien entendu, il ne s’agit pas de devenir des « ravis de la crèche », benêts et toujours souriants quoiqu’il arrive. Il est question de devenir réceptif à la multitude d’instants de bonheur que nous propose une journée. Les méditants, parce qu’ils sont entrainés, parce qu’ils ouvrent régulièrement leur esprit au moment présent, saisissent le bonheur quand il est là.

Même quand une journée a été particulièrement éprouvante à tous points de vue, quand après une journée de travail particulièrement harassante, vous êtes allé chercher votre voiture chez le garagiste, réglé la facture dont votre compte bancaire se serait bien passé et pris des nouvelles de votre vieux papa souffrant, le méditant que vous êtes saura prendre le sourire de votre épouse comme un cadeau du ciel, ou déguster le câlin du petit dernier comme le plus beau des moments de tendresse. Alors que lorsque nous subissons notre vie, nous ne voyons pas les parenthèses de bonheur qu’elle nous offre. Reprenons le cas de la personne qui rentre chez elle après une mauvaise journée, sa mine renfrognée fera fondre le sourire de son épouse en un quart de seconde et s’enfuir le petit dernier dans sa chambre. Et à une mauvaise journée succèdera sans doute une mauvaise soirée. Ou bien, l’épouse compréhensive sera tout de même accueillante et le petit démonstratif mais le papa inquiet ne s’en rendra même pas compte… Alors n’y a-t-il pas urgence à méditer ?

Ce qui est merveilleux avec la pleine conscience, c’est que non seulement on n’est pas pollué par le passé (il y a une heure, l’an dernier ou quand j’étais petit) puisqu’on sait être ici et maintenant, mais aussi on n’a pas peur de l’avenir, pour les mêmes raisons. Bien entendu, lorsqu’on est allongé dans l’herbe main dans la main avec son amoureux à regarder passer les nuages, ce n’est pas pour la vie, il y a un moment inéluctable où il va falloir se lever et reprendre sa route, mais on n’y pense pas, parce qu’on vit l’instant présent. On ne se dit pas : « il faut que j’apprécie ce moment, ça ne va pas durer » parce que çà, c’est déjà être ailleurs. On ne s’accroche pas au bonheur, on le vit.

C’est une notion un peu floue pour les pessimistes, qui préfèrent souvent se priver du bonheur pour ne pas avoir à souffrir de sa disparition, et c’est pour cela que la méditation leur est tout particulièrement recommandée. Parce que le moment de bonheur que l’on vit intensément, en conscience, ne peut jamais nous être retiré, même lorsque l’adversité survient. J’aime penser à Alice SOMMER qui vient de s’éteindre à l’âge de 110 ans, le sourire aux lèvres, après avoir survécu à l’horreur de l’holocauste et à l’épreuve du cancer, et dont les observateurs affirment que c’est son optimisme qui lui a permis de vivre heureuse si longtemps.

Alice Sommer

Alice Sommer

Lorsque l’on n’est pas, comme Alice Sommer, naturellement pourvu de cette aptitude au bonheur et à la gratitude, c’est là qu’intervient la Méditation. Et il faut s’entraîner. Parce que, plus on pratique, plus on progresse, et plus on progresse, plus on est performant, y compris en dehors de toute session d’entraînement. Un peu comme un joueur d’échecs, qui même lorsqu’il n’est pas devant son échiquier, est un vrai stratège, mettant intuitivement sa logique à l’épreuve en toute circonstance. De la même manière, le méditant éprouvera les effets positif de la méditation quotidiennement, même lorsqu’il sera occupé à autre chose qu’à méditer. Nous comprenons aisément la nécessité de pratique régulière pour le sport, l’apprentissage d’une langue, ou pour une activité intellectuelle, il en est de même pour la Méditation. Et la volonté et l’intention ne suffisent pas, parce que sans cette « gymnastique de la conscience » comme l’appelle Christophe André, notre esprit redevient instable, impatient, ingrat.

J’espère vous avoir donné envie de goûter aux joies de la Méditation avec ce cycle d’articles. Vous pourrez bien entendu commencer seul avec des exercices courts de respiration au début, des moments de pleine conscience dans la journée (marcher en conscience, manger en conscience sont des premières expériences intéressantes par exemple), se recentrer quelques instants entre deux rendez-vous etc. Mais je ne peux que vous recommander la lecture de l’excellent ouvrage de Christophe André, accompagné d’un CD d’exercices de Méditation Guidée pour vous mettre le pied à l’étrier.

Et puis si vraiment vous devenez adepte, un jour prochain vous connaîtrez ce qu’il nomme joliment des moments « d’éruption volcanique de sérénité » et là, croyez-moi, vous vous serez fait le plus beau cadeau qui soit.

 

 

 

Je suis toujours à votre disposition pour en parler en séance et vous accompagner dans votre découverte de la Méditation. Et bien entendu, vos commentaires sont les bienvenus ci-dessous.

 

 

 

Peut-on guérir par la pensée ? La preuve par 3 de l’intérêt des approches holistiques

C’est le thème du numéro 1153 de Sciences et Vie de ce mois-ci et c’est éminemment intéressant parce que cela fait longtemps que nous autres, patriciens des « professions de santé non conventionnelles », le disons. Le dossier de Science et Vie (15 pages, excusez du peu) commence par cette phrase : « Les neuroscientifiques en ont désormais la preuve : l’esprit possède le pouvoir de soigner le corps ! ». Ouf ! Si c’est Science et Vie qui le dit et si les neuroscientifiques en ont la preuve, tous les espoirs sont permis…

L’article de S&V s’appuie sur des études très sérieuses menées par des chercheurs dans 3 domaines : la Méditation de pleine conscience, le Neurofeedback et l’effet Placebo.

La Méditation

Cette pratique, qui est rentrée à l’Hôpital (Sainte Anne, NDLR) sous la houlette de Christophe ANDRE, et pour laquelle un DU vient d’être mis en place à Strasbourg, a largement fait ses preuves. On sait aujourd’hui que, à condition d’être pratiquée quotidiennement, elle reconfigure le cortex préfrontal en opérant des modifications morphologiques et fonctionnelles dans le cerveau. En l’occurrence les cortex frontaux, pariétaux et cingulaires sont épaissis chez les méditants, tandis que le rôle de l’amygdale est diminué. Enfin, les zones activées par le processus douloureux sont déconnectées.

Méditation

Tout ceci est clairement visible à l’IRM et se confirme dans différentes études menées à l’Université du Wisconsin en 2003, à l’Université de Montréal en 2009, au Centre de l’Addiction et de la Santé Mentale à Toronto en 2010, au Centre d’Imagerie Biomédicale du Massachussets en 2012, et dans lesquelles les méditants ont toujours eu de meilleurs résultats que le reste des participants. Ainsi, ils supportent mieux la douleur, ont une meilleure réponse immunitaire, une meilleure gestion du stress, moins de rechutes en cas d’épisodes dépressifs.

L’effet Placebo

Ce processus qui consiste en un mieux-être, voire des bénéfices thérapeutiques réels chez un patient pourtant soumis à un composé inerte en lieu et place d’une substance active, est le moins facile à prévoir tant il dépend de la perception et du ressenti du patient. Cependant, quand il se produit, le cerveau fabrique des molécules concrètes semblables à celles qu’aurait provoquées le médicament.

Placebo

Ainsi, on peut voir le cerveau d’une personne sous analgésique placebo, fabriquer des opioïdes dont l’action est similaire à la morphine (étude conduite en 2002 au Karonlinka Institute de Stockolm). De même, sous IRM et après 6 semaines sous placebo, des patients dépressifs avaient activé les mêmes aires cérébrales que les patients sous Fluoxetine, (médicament antidépresseur de la classe des AINS, type Prozac). On peut encore citer cette étude réalisée en 2009 à l’Université de Duisburg en Allemagne qui avait montré que le placebo réduisait la réaction allergique.

 

Le Neurofeedback

Le Neurofeedback consiste à visualiser l’activité de son propre cerveau sous électroencéphalogramme ou sous IRM de manière à constater les effets, bénéfiques ou non, de certaines pensées, souvenirs, émotions, mouvements ou autres états mentaux. On peut ainsi déterminer et cibler, ce qui est bon pour une région déterminée de notre cerveau.

Biofeedback

Dans ce domaine également les recherches se multiplient, ainsi une étude de 2005 à l’Université de Stanford a montré que le Neurofeedback permettait de contrôler l’aire cérébrale de perception de la douleur, depuis 1999 on sait que cette pratique permet de réduire les crises d’épilepsie, en 2011 à Bangor au Pays de Galles une étude a montré qu’elle augmentait la motricité chez les parkinsoniens.

La Réflexologie ou la fusion du corps et de l’esprit

En bref, voilà la preuve faite que le corps et l’esprit sont intimement liés, et cela renforce l’intérêt des thérapies holistiques telles que la Réflexologie. En effet, cette dernière soulage le corps en ayant accès, via l’arc réflexe, à l’ensemble des organes et des systèmes qui le compose, mais elle prend également en compte le mental, les émotions, les conflits, le psychisme. Parce que je m’escrime à le dire, rien ne sert de régler une difficulté physique sans considérer la cause (qui peut être émotionnelle), de même que gérer le conflit psychique ne suffit pas toujours à réparer le corps…

Réflexologie

Par exemple, lorsque quelqu’un vient me voir en se plaignant de douleurs dorsales chroniques (et une fois écartées les causes posturales, discales etc), je vais à la fois soulager les tensions qui existent au niveau physique en agissant sur les zones réflexes correspondantes mais aussi chercher à comprendre ce qui se passe au niveau émotionnel. Très souvent, la détente induite par la séance, le soulagement d’avoir exprimé des difficultés non exprimées jusque là, une nouvelle approche du problème, combinées à mon action sur le pied permettent d’aller mieux.

Et si l’on comprend le principe de la somatisation (relire à ce sujet l’article http://reflexologieetpratiquesnaturelles.com/la-reflexologie/pourquoi-et-comment-somatisons-nous/ sur ce blog), et si l’on accepte l’idée que l’esprit puisse être à l’origine de certains de nos maux « physiques », alors on comprend que l’esprit puisse aussi être efficace au plan de la guérison. Et si l’on conçoit que l’esprit puisse réparer le corps, on conçoit également qu’il puisse être pathogène à certains moments.

C’est donc une excellente nouvelle que ce dossier de Science et Vie qui vient accréditer, de façon scientifique, ma vision de l’approche de la maladie.

Bien entendu, comme toujours, ces approches ne sont pas une « alternatives » à la prise en charge médicale, mais un extraordinaire complément. Si vous souffrez d’une pathologie aigue, il faudra voir votre médecin mais pensez à d’autres approches pour tout ce qui est chronique, là où la médecine traditionnelle reste dans réponse, et en accompagnement de votre traitement allopathique bien sûr.

En complément de cet article et de la lecture du S&V n°1153, vous pouvez écouter le podcast de France Culture : http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4711798

LA MÉDITATION : UNE PRATIQUE HOLISTIQUE (2ème Partie)

Voici le deuxième opus de mon cycle sur la Méditation. Mais avant tout, petit rappel du 1er article :
1 – Méditer c’est s’arrêter
2 – Méditer c’est vivre l’instant présent
3 – Respirer pour lâcher-prise
4 – Méditer c’est prendre de la distance avec ses pensées

Si vous vous êtes entrainé régulièrement, vous savez maintenant vous poser quelques minutes (1), vous avez pris conscience qu’il est nécessaire dans la démarche méditative d’être ici et maintenant (2), vous avez expérimenté l’aide de la respiration comme « coach en lâcher-prise » (3). Revenons juste sur « prendre de la distance avec ses pensées »…

Je vous avais expliqué qu’il n’était pas question de refuser, ou de nier ses pensées négatives. Christophe André dit même que les pensées négatives font partie de « l’écosystème de la pensée ». Rappelons-nous qu’un écosystème est l’unité de base, que les éléments qui le composent s’équilibrent afin de former un tout, énergétiquement et matériellement viable. Inutile donc de ne vouloir que des pensées positives. Cependant, il faut être capable d’identifier les pensées négatives en tant que telles. En d’autres termes, si je trouve que mon voisin est un parfait imbécile, c’est ma vérité mais pas celle de tous. Je ne rejette pas cette pensée, elle fait partie de mes sentiments mais je la regarde en tant que telle : un ressenti, et non pas un fait avéré. Un exemple très intéressant est celui de la peur de l’échec. On a tous en tête l’exemple de quelqu’un qui craint de ne pas réussir. Il est totalement inefficace de lui répéter : « mais non, tu ne vas pas échouer, tu le sais bien ». On sait également qu’il est totalement vain que la personne ne se répète : « je n’ai pas peur, je n’ai pas peur » (toutes mes excuses à Monsieur Coué et sa célèbre « méthode »). Il est beaucoup plus productif d’accepter l’idée : « c’est un fait, j’ai peur de l’échec et je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour l’éviter ». La méditation devrait être conseillée comme antidote au trac à tous les étudiants en période d’examens…

Le tumulte de nos émotions altère notre lucidité, nous rend moins clairvoyants et selon la pensée bouddhiste, la manière dont nous percevons la réalité est directement responsable de notre bien-être et de nos souffrances. En méditant, je renonce à : juger, filtrer, retenir, attendre. Les choses sont ce qu’elles sont, je les accepte telles qu’elles sont, j’arrête un instant de combattre. Je « suis », tout simplement. Christophe André explique qu’il faut quitter le « faire » pour « l’être ».

Je lui empreinte d’ailleurs cette métaphore que je trouve très intéressante : « Lorsque vous marchez dans l’eau sur un sol sablonneux, de petits nuages de sable se soulèvent. Vous voulez que l’eau autour de vos pieds redevienne claire ? Vous savez qu’il est inutile de vouloir aplatir les nuages de sable avec vos pieds ou vos mains : vous ne ferez qu’en soulever d’autres. Et plus vous essaierez, plus (…) l’eau sera trouble. Pas d’autre solution que de vous arrêter, de permettre aux nuages de sable d’être là et d’attendre qu’ils ne retombent ».

Vous voici donc plus à l’aide avec l’acceptation de vos émotions négatives.

En faisant cet exercice régulièrement, vous serez susceptible de développer « une intelligence méditative ». On devient capable de souplesse mentale et d’acceptation (attention : acceptation ne veut pas dire résignation), contrairement aux personnes toujours stressées dont la lucidité est modifiée. Cette capacité devient comme une seconde nature, ne demande plus d’efforts, certains parlent de sagesse.

Pour faciliter les séances de méditation, il convient au quotidien d’élargir sa conscience (Buddha dit joliment : « développer un esprit vaste comme l’espace »). Pour cela, il faut être tolérant, ouvert, voir de l’extraordinaire dans toute chose, être sensible à la beauté du monde, dire « il me semble » plutôt que « c’est comme çà », apprécier l’instant (même sortir la poubelle, quelle chance ce peut être, demandez à une personne en fauteuil roulant ce qu’elle donnerait pour descendre les 4 étages d’escalier avec la poubelle au bout du bras)… Et puis, entre deux séances de méditation (au cours desquelles je vous le rappelle il faut s’arrêter), on avance. Au quotidien, on ne reste pas à ruminer, on ne se coupe pas du monde, on progresse pas à pas. Quoiqu’il arrive, on reste en lien avec les autres. Même quand tout va mal, donnez-vous une chance de vivre un moment heureux, plutôt que de rester enfermé avec l’oreiller sur la tête. C’est tout cela l’intelligence méditative.

Qui plus est, l’apaisement de l’esprit est « antalgique » pour les douleurs physiques alors ça vaut vraiment le coup d’essayer, même quand on a mal nulle part (mieux vaut prévenir que guérir). C’est prouvé, ceux qui méditent ont un seuil de résistance à la douleur supérieur et on constate un taux de rechute moindre chez les méditants atteints de pathologies chroniques. On connait par ailleurs de manière très concrète l’influence positive de la méditation sur la plasticité neuronale. Alors, n’hésitez plus !

Thich Nhat Hanh

Je laisse au moine bouddhiste THICH NHAT HANH le mot de la fin : « La méditation n’est pas une évasion mais une rencontre sereine avec la réalité » et vous souhaite de « rencontrer sereinement la réalité » au cours de ce long weekend du mois de mai.

J'oubliais : vous êtes maintenant assez aguérri pour méditer assis

J’oubliais : vous êtes maintenant assez aguérri pour méditer assis


A très bientôt pour le troisième et dernier article de ce cycle « Méditation », et comme toujours laissez-moi vos commentaires ci-dessous…

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