Gestion de la Douleur et Réflexologie Plantaire

Initialement, c’est plutôt une bonne chose d’avoir mal…
Ouille (c’est le cas de le dire), je vous sens inquiets derrière votre écran : « cette fille est folle ! Ou atteinte de masochisme chronique ! »… Non, rassurez-vous, tout comme vous, je n’aime pas avoir mal, je veux simplement vous dire que la fonction de la douleur est la conservation de l’intégrité physique, elle a un rôle d’alerte pour protéger l’organisme des stimuli nocifs. C’est essentiel, les conséquences d’une absence de sensation douloureuse peuvent être dramatiques, pensons aux diabétiques qui ne sentent pas un mal perforant au pied par exemple et peuvent faire une septicémie sans s’en rendre compte. Mais lorsqu’elle dure, la douleur devient insupportable. Tous les « douloureux » dans leur grande majorité se sentent isolés dans leur douleur, mal compris, mal écoutés, aussi bien par leur entourage que par le corps médical. Alors que peut-on peut faire ? D’abord comprendre comment fonctionne la douleur…

Il en existe plusieurs types:
– Les douleurs de « Nociception » (aiguës ou chroniques), celles que nous qualifierons de « plus simples ». Par exemple : je me suis fait tomber un objet lourd sur le pied ou je me suis fait mal au dos en portant un carton (dans mon schéma ci-dessous : je me suis fait mal au genou en tombant à vélo).
– Les douleurs « Neurogènes » : sans cause extérieure mais dues à un dysfonctionnement ou à une lésion des voies de la douleur. Par exemple : les douleurs fantômes suite à une amputation, la compression d’un nerf par une tumeur ou encore les paresthésies ressenties par les personnes atteintes de Sclérose en Plaques.
– Les Douleurs « Psychogènes » dites aussi « Sine Materia » : inexpliquées et inexplicables, sans atteinte organique et sans cause exacte. Par exemple : certaines céphalées, fibromyalgie, brûlures de langue. A prendre en compte absolument parce que comme dit le Dr LHUILLERY (médecin algologue, spécialisé dans la prise en charge de la douleur) « la douleur n’est pas dans la tête même si la tête agit sur la douleur ».

Les douleurs nociceptives

Le ressenti de cette douleur répond à un processus physiologique que nous allons décrire afin de mieux le comprendre, mais aussi à une composante affective inhérente à chaque individu.

Sur le plan Physiologique

La réception du message douloureux suit 4 étapes distinctes :

Schéma Circuit de la Douleur

1 – Sensation : Une stimulation chimique (une goutte de parfum dans l’œil), mécanique (un doigt coincé dans une porte), électrique ou thermique (une brûlure) est perçue par les terminaisons libres des neurones au niveau de la peau, des muscles, des articulations, des os, des viscères.
2 – Transmission : Des fibres nerveuses spécialisées (appelées fibres C et A delta) transmettent le message douloureux jusqu’à la moelle épinière.
3 – Modulation : La substance P et le Glutamate (entres autres) prendront le relais de la moelle épinière jusqu’au cerveau, mais il existe des stratégies dites « modulatrices » :
– Les Endomorphines. Elles atténuent l’intensité du message nerveux et diminuent donc fortement la sensation de douleur. On dit que les Endomorphines ont une action « analgésique ».
– Il existe aussi le phénomène du Gate Control qui montre que les fibres du toucher A alpha et A beta exercent une inhibition sur les fibres C et A delta de la même région. C’est ce qui explique de lorsque l’on se cogne, le fait de frotter la zone concernée apporte un soulagement.
4 – Projection : Le message douloureux est ensuite transmis au Cerveau (le Cortex Somesthésique qui permet de localiser la douleur, le Cortex Préfrontal qui évalue la douleur et est responsable de son caractère désagréable, le Système Limbique qui permet l’apprentissage, la mémorisation et la réaction émotionnelle de la sensation douloureuse).

Schéma de Représentation des Zones Sensorielles dans le Cortex Somesthésique :

Aires Somesthésiques

L’homunculus (autre nom du schéma de représentation des zones sensorielles) n’est pas proportionnel à la taille réelle des organes mais à la proportion des récepteurs dans chaque organe, on y constate immédiatement qu’il y a moins de récepteurs sur la hanche que sur le visage par exemple. On peut y voir aussi que le nombre de récepteurs sur le pied (au hasard) est plus important que sur tout le tronc…

Sur le plan Psychologique, Emotionnel, Cognitif, Comportemental, Culturel…

Si le seuil douloureux est le même pour tout le monde, la tolérance à la douleur varie d’un individu à l’autre en fonction de :
– l’efficacité des systèmes de modulation (certaines personnes secrètent moins d’endorphines que d’autres),
– de son vécu (son éducation, ses croyances, ses expériences),
– de ses émotions (la douleur ressentie en se tordant la cheville en allant à un rendez-vous redouté sera plus forte que la même torsion faite en dansant un rock endiablé à une fête particulièrement appréciée),
– son comportement (cris, verbalisation, calme, respiration maîtrisée, énervement etc)
– de son âge (la maturité du système nerveux joue énormément, un enfant peut être plus sensible à certaines douleurs qu’un adulte et inversement),
– de son sexe,
– de son état psychologique au moment de la survenue du stimulus (on est plus sensible à la douleur en période de deuil par exemple qu’à une période particulièrement heureuse de sa vie)

Pour les douleurs neurogènes, il n’y a pas d’étape 1 « Transmission » (puisqu’il n’a pas de stimulus externe) et un déficit de l’étape 3 « Modulation ». Dans le cas des douleurs psychogènes, on pense que seuls des facteurs émotionnels, psychologiques et comportementaux sont en cause.

La Réflexologie : une thérapeutique de la douleur en complément de la cure médicamenteuse

Et oui, vous m’aviez vue venir, avouez-le… Mais c’est bel et bien la vérité. Et cela va vous paraître évident, maintenant que vous avez compris le fonctionnement du circuit douloureux.

En effet, la Réflexologie est une technique manuelle qui mime le Gate Control. En appliquant un stimulus sur la zone réflexe correspondante à la zone douloureuse, le message des fibres A alpha et A beta double celui des fibres C et A delta (Etape 3 de mon schéma ci-dessus) et module la sensation douloureuse.

Par ailleurs, il est reconnu que le massage favorise la sécrétion d’endorphines et rappelez-vous (Etape 3 bis) que les endorphines modulent elles-aussi la sensation douloureuse.

Enfin, comme la Réflexologie est une pratique holistique, elle prend en compte les facteurs émotionnels, psychologiques et comportementaux.

Du coup, elle est efficiente pour les douleurs nociceptives comme neurogènes et psychogènes. Ainsi que le sont l’acupuncture, les stimulations thermiques (application de chaleur comme en cures thermales, ou cryothérapie sur les entorses et les claquages), la kinésithérapie, l’ostéopathie, la fascia thérapie. Bien entendu, cette approche ne doit pas négliger la prise en charge médicamenteuse. Les deux stratégies sont complémentaires.

Si en plus vous avez un(e)bon(ne) Réflexologue, vous évoquerez en séance les techniques d’accompagnement de gestion de la douleur :
– L’information, parce qu’il est important de bien connaitre sa pathologie, on combat mieux ce que l’on comprend
– La relaxation qui permet de détourner votre attention de la douleur
– Le journal qui rassemble les données de votre douleur, vos réactions, vos sensations et vous permet de faire le point sur vos ressentis au quotidien
– La visualisation qui permet, en visualisant la douleur, de la surmonter voire de la diminuer
– L’hypnose qui peut faire céder la douleur en libérant des blocages inconscients

Et si votre Réflexologue pratique la Réflexologie Plantaire, étant entendu que le pied compte un très grand nombre de récepteurs sensoriels (Schéma de l’Homonculus ci-dessus), alors c’est idéal… Si vous souffrez ou si dans votre entourage quelqu’un a du mal à supporter des douleurs chroniques ou récidivantes, ça vaut le coup de se rapprocher d’un bon praticien en Réflexologie Plantaire… J’en profite pour vous souhaiter une très belle année 2013, qu’elle vous soit douce et heureuse… Et sans douleur…

A très bientôt sur ce blog et dans le cabinet de votre Réflexologue, et n’hésitez pas à me laisser vos commentaires ci-dessous.

Facebook Comments

8 comments on “Gestion de la Douleur et Réflexologie Plantaire

  1. Merci pour cet article, je le partage sur mon profil facebook.

    • Merci beaucoup à vous d’aider a faire connaître le blog

  2. Merci pour cet article. Je termine ma formation en réflexologie plantaire dans 3 semaines et ici en Mauricie, ce n’est pas très connu. Je me permettrai donc d’utiliser votre article comme référence pour mes clients.

    Bonne journée!

    • N’hésitez pas, c’est fait pour ça et bienvenue dans notre profession.

  3. Bonjour,
    J’ai eu récemment la théorie et la pratique de mon examen et je vais rendre mon mémoire le 15 Novembre avec comme thème :la douleur et la réflexologie plantaire. Je suis tombée par hasard sur votre site qui m’a beaucoup inspiré.
    J’ai rencontrée une jeune fille dont la maman souffre atrocement de fibromyalgies depuis toute jeune, son médecin lui a conseillé d’aller voir un réflexologue, n’ayant pas encore mon diplôme je pratique des séances juste pour réviser. Je ne vais pas revoir cette personne avant Janvier et essaye de faire des recherches pour pouvoir lui faire une séance vraiment adaptée ou là diriger vers un réflexologue confirmé. Avez-vous eu déjà ce cas de figure et pourriez- vous me guider.
    Merci pour votre article très détaillé et d’avance pour votre réponse.

    • Bonjour Chris, je veux tout d’abord vous dire que vous n’aurez pas à envoyer cette personne vers un(e) Réflexologue confirmée, puisque vous êtes vous-même Réflexologue confirmé(e), vous avez eu votre examen théorique et pratique. Ensuite, en effet, la Réflexologie est tout à fait indiquée pour les fibromyalgiques (le médecin de cette dame est très judicieux). Vous travaillerez au pied sur le système nerveux et le système endocrinien, et bien entendu vous n’oublierez pas de travaillez aussi sur les émotions. Vous conseillerez un réglage alimentaire et des compléments alimentaires : magnésium marin, oméga 3, Rodhiola le matin, Griffonia midi et soir (pendant plusieurs mois attention, c’est long). Mais rien que pour vous, le prochain article sera sur la prise en charge de la Fibromyalgie par la Réflexologie, abonnez-vous, guettez le blog…
      Merci de votre retour en tous cas

  4. Bonjour
    Je tombe sur votre article seulement ce matin… Presque 4 ans après sa publication! Mais je le trouve très intéressant.
    Êtes -vous toujours prête à répondre à nos questions?
    Valérie

    • Merci Valérie. Bien entendu, mes articles n’ont pas vocation à être « périssables ». Seule exception : si une avancée scientifique ou une découverte venait à modifier un contenu… Ce qui n’est pas le cas ici.
      Quelles questions voulez-vous me poser ? Si je peux j’y répondrai avec grand plaisir.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Ce blog est dofollow ! 

Boosté par WP-Avalanche