Qu’est-ce que le Burn Out et comment y faire face ?

Partie 1 : Comment le Stress conduit au Burn Out

Burn Out, ce mot « valise » tellement présent dans notre quotidien sans que l’on sache vraiment de quoi il retourne, méritait bien un article.

La définition couramment retenue serait celle « d’un épuisement mental, émotionnel et physique dans lequel les mécanismes d’adaptation se consument sous l’effet de tensions subies dans le cadre du travail ». Cette dernière partie m’interpelle parce que je vois aussi actuellement apparaitre des Burn Out familiaux… voire conjugaux. Nous retiendrons donc ici la définition d’épuisement mental, émotionnel et physique dans lequel les mécanismes d’adaptation se consument et deviennent inopérants.

Burn Out
Epuisement mental, émotionnel et physique dans lequel les mécanismes d’adaptation se consument et deviennent inopérants

Phase 1 : Le Stress Aigu et/ou Isolé

Dans les toutes premières secondes de la survenue d’un évènement stressant (la réponse adaptative de l’organisme est extrêmement rapide), se produit une décharge de catécholamines (adrénaline et noradrénaline) qui provoque :

  • une vasoconstriction des vaisseaux périphériques pour réserver le flux sanguin aux organes principaux (cœur, poumons, cerveau)
  • une augmentation de la tension artérielle et une accélération du cœur
  • une oxygénation accrue des organes et des muscles


Au sein du système nerveux central se manifestent deux phénomènes physiologiques fondamentaux :

  • concentration de l’attention
  • augmentation de la vigilance.

Ces phénomènes physiologiques permettent la fuite ou la lutte. Et ceci quel que soit l’évènement stressant : factuel ou émotionnel, physique ou psychique, universel ou relatif (une agression sur la voie publique qui nécessite en effet la fuite ou la lutte, ou un conflit verbal, une urgence professionnelle, un retard à un rendez-vous important).

Les conséquences physiologiques immédiates du Stress seront donc :

  1. augmentation de la fréquence cardiaque
  2. augmentation de la fréquence respiratoire
  3. dilatation des vaisseaux des muscles
  4. constriction des vaisseaux de la peau
  5. augmentation de la transpiration
  6. moindre sensibilité à la douleur (analgésie)
  7. dilatation pupillaire
  8. augmentation du tonus musculaire
  9. diminution du temps de coagulation
  10. mobilisation d’énergie
    • augmentation de captage du sucre par les muscles
    • augmentation du métabolisme du sucre dans le foie
  11. diminution des autres voies consommatrices d’énergie
    • diminution de la digestion
    • diminution de la croissance
    • baisse de l’immunité
    • baisse de la libido

Il n’y a pas de stress sans manifestations biologiques. Il s’agit d’une activation générale de toutes les fonctions réactionnelles de notre corps.

Cette phase dite « d’alarme » dure généralement quelques minutes et n’excède pas une journée car elle est très couteuse en énergie.

Phase 2 : Le Stress s’installe et devient chronique

Si les stresseurs durent ou sont trop intenses, intervient une étape de résistance avec augmentation de la sécrétion de cortisol par la glande corticosurrénale.

Le cortisol joue un rôle essentiel dans l’équilibre du glucose sanguin et la libération de sucre à partir des réserves de l’organisme en réponse à une demande accentuée en énergie. Le cortisol intervient aussi dans le métabolisme des graisses et des protéines. Il joue un rôle d’anti-inflammatoire et participe à l’augmentation de la vigilance et donc la diminution du sommeil. Dans les conditions normales, la sécrétion de cortisol suit un rythme fixe : elle est maximale entre 6 h et 8 h du matin, puis décroît jusqu’au soir où elle est minimale.

En conditions normales…

Si la vie se résume à une suite de crises permanentes, la sécrétion de cortisol devient elle aussi permanente. Et le corps est constamment en alerte : mauvais sommeil, compulsions alimentaires, diminution de la digestion, angoisses, diminution de l’attachement et du désir sexuel. Rappelons-nous que dans cette configuration, l’organisme est prêt à fuir ou à se battre. Et non à se reposer, faire de bon repas, et prévoir de fonder une famille au calme en profitant de la vie.

Phase 3 : L’Épuisement

  • Le Burn In : il apparaît lorsque la personne n’a plus aucune distance avec l’objet de son sur-stress et se met à prendre beaucoup de trop de choses en charge. Sur le plan professionnel, elle va être atteinte de ce que l’on appelle “Workaholisme”, à savoir : se surinvestir dans son travail, avoir une amplitude horaire excessivement étendue, se réveiller la nuit pour travailler, traiter ses mails sur son temps libre etc. On parle même de « présentéisme » pour ces salariés qui ne savent pas rentrer chez eux. Sur le plan familial ou conjugal, la personne en Burn In va se dévouer corps et âme à sa famille ou à son couple, au point de faire beaucoup trop de tâches épuisantes et d’aller au-devant des attentes de son entourage. C’est un peu ce que les soignants appellent le « chant du cygne » sur le plan médical, la personne brûle ses dernières cartouches, n’a plus aucune lucidité, n’entend pas les alertes de son entourage.
  • Le Burn Out : brusquement, tout s’arrête. Les personnes atteintes de Burn Out racontent comment un matin elles ont été incapables de se lever, ou qu’elles se sont soudain trouvées paralysées au volant, incapables de démarrer. Pour le commun des mortels, c’est assez incroyable mais c’est pourtant biologiquement normal. Le sujet n’a plus aucune énergie. Son corps ne répond plus, il est littéralement « en panne », ayant utilisé toutes ses réserves et même au-delà. Et encore ceci n’est-il que sur le plan physique. Sur le plan cognitif, la personne en Burn Out décrit une absence totale d’émotions. Ce qui est normal puisqu’un niveau élevé de glucocorticoïdes interagit négativement sur les performances cognitives. A nouveau, la réponse au stress est destinée à nous permettre de fuir ou de nous battre, pas à réfléchir, ressentir, raisonner, aimer. Cro-Magnon poursuivi par un animal sauvage coure vite mais ne s’extasie pas sur la beauté du paysage, il note tous les signaux de danger sur sa route mais ne voit pas le bel arbre croulant de fruits juteux, il ne ressent pas la fatigue et ne dormira pas tant qu’il n’est pas à l’abri du danger. Et voilà comment en état de sur-stress, on finira par être épuisé par des nuits d’insomnies, ne voyant que le négatif et jamais le positif, courant partout sans jamais s’arrêter. Jusqu’à ce que tout stoppe brusquement d’épuisement.

Dans la 2ème partie de cet article nous verrons comment éviter le Burn Out ou, si c’est trop tard, comment récupérer de cet épuisement extrême. Nous verrons qu’il est possible d’apprendre à gérer son stress. Rendez-vous samedi prochain dans la partie 2 et en attendant, laissez-moi vos commentaires ci-dessous…

Et comme toujours n’hésitez pas à aller jeter un oeil sur mes sites reflexologiereims et emmanuellecossuformation

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